18 février 2009
Prêts et conséquences...
Chaque année, nous faisons ce que nous appelons "le récolement". Bon, en fait, c'est un inventaire. Comme nous avons 2 bibliothèques, et donc 2 salles de lecture distinctes, nous faisons les recolements de chacune d'entre elles une année sur deux. Et le récolement, c'est plutôt utile pour remettre sur pied une vieille base documentaire toute daubée par les nombreuses disparitions d'ouvrages et les nombreuses erreurs (humaines, cela va sans dire...) qui touchent nos chers bouquins.
Lorsqu'un livre a disparu, on commence par le chercher durant environ 2 semaines (dans l'autre bibliothèque, sur les autres sites, dans les autres rayons -on ne sait jamais-, dans nos bureaux etc...)
L'étape suivante, c'est de faire un mail aux profs, avec la liste des bouquins recherchés. Bah oui, il faut savoir que comme les profs ont un badge et peuvent accéder quasiment jour et nuit aux collections, vous pensez bien qu'il serait bien trop fastidieux pour eux de noter leurs emprunts dans le classeur prévu à cet effet !! Nan nan, ils prennent les bouquins et se disent dans leur tête : "bah je le rapporterai bientôt !" [Bientôt, dans le langage "prof de fac", est un mot assez vague, qui signifie "demain" ou "dans 6 mois", voire "jamais"]. Donc nous, comme on est des Sherlock Holmes en puissance, nous leur demandons d'abord plutôt gentiment si par hasard ils n'auraient pas vu passer tel ou tel bouquin avec ses petites pattes de bouquin, et si par hasard ils ne pourraient pas demander audit bouquin de revenir se ranger à sa place.
Etape suivante : nous refaisons un mail plus assassin, avec les prix des livres, et nous demandons aux profs quels livres ils veulent racheter. En général, un bouquin de recherche, ça coûte quand même un rein. Du coup, parfois, les livres reviennent, avec ou sans excuses de nous avoir fait perdre notre temps.
Dernière étape : lorsque VRAIMENT nous avons tout essayé, nous dégageons purement et simplement le livre de la base documentaire et nous le notons dans une liste d'ouvrages "perdus". Le mort dans l'âme. Parce que chaque livre est un peu notre bébé [snif]. Comment ça, j'en fais trop ?
Pourquoi je vous raconte tout ça ?
Eh bien parce que pas plus tard que tout à l'heure, un de mes collègues, à l'accueil, m'appelle, et me dit, d'une voix consternée : "Ya un bouquin de la bib de recherche qu'est revenu... Ya une prof qui l'a retrouvé sur son bureau, chez elle... Elle l'avait depuis 2006..." Déjà, ça donne une idée de l'état du bureau, mais passons...
Bilan :
1- je vais dans ma liste perso des bouquins perdus du récolement 2007 (je garde une trace de tout pour moi, pasqu'on sait jamais, cette BU est remplie de pervers qui sont capables de me demander combien j'ai catalogué de bouquins le 5 juin 2006), je retrouve le bouquin, je mets une note pour dire qu'en fait, on l'a retrouvé le 18 février 2009 (ça fait sérieux).
2- je vais dans la liste des "perdus" de la BU, je mets une note pour dire que bon, en fait, on l'a, le bouquin, il n'était pas vraiment perdu, juste parti faire un bilan de sa vie dans un monastère pendant 3 ans.
3- je recrée une notice ET un exemplaire dans notre base documentaire.
4- je signale de nouveau dans la base de données nationale qu'on l'a, ce bouquin, et que si quelqu'un d'une autre BU le veut, il peut nous le demander (enfin si le prof qui l'a emprunté ici a daigné noter son emprunt et patati et patata).
5- je prends un Tranxène.
6- le lendemain, je vérifie que la notice est bien passée dans notre base et que le bouquin est bien noté disponible.
7- je vais le remettre en rayon, à disposition de tout un chacun qui a un badge l'autorisant à venir voler des bouquins de nouveau.
Je fais un beau métier où tout me prouve que "faire et défaire, c'est travailler".
17:27 Publié dans Bonnes rigolades au boulot | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : prof, au secours, boulet, prêt












Commentaires
J'allais vous féliciter de faire des récolements chaques année, j'me disais "ah enfin des pros!" jusqu'à ce que je lise que les profs avaient un accès libre.... Vous les avez pas encore bannis???
Chez nous ça fait 10ans, qu'ils n'ont plus accès aux magasins!
Ton histoire m'en rappelle une autre tout aussi édifiante, j'étais jeune et bel-- euh j'mégare, je débutais. On reçoit les héritiers d'un prof, ils souhaitent faire don de la bibliothèque de leur père à la BU. Très bien tout le monde se frotte les mains, jusqu'à ce qu'on ait les fameux livres en main! Les 3/4 appartenaient à La bibilothèque et ils avaient "disparus" depuis 20ans minimum!!!!!!
Allez après on dit que les étudiants sont vilains mais pas tant que ça!!!
Écrit par : GabtiB | 18 février 2009
C'ets pas un accès aux magasins mais carrément à la BU même.........Snif snif.....
Écrit par : Nanoue | 18 février 2009
Ne vous plaignez pas, vous avez encore des profs, c'est déjà beau !!
A part quoi, allez dormir la tête farcie de récolements, voilà qui me botte plutôt...
Écrit par : Une | 18 février 2009
Mais mais mais finalement les pires ce ne sont pas les étudiants mais les profs! C'est balèze ça quand même!
N'empêche l'étape 5, c'est pas top, tu devrais exiger des profs une cotisation pour pouvoir avoir sous la main du tranxène, nécessaire à gérer les angoisses qu'ils te procurent...
Gab ton histoire m'a fait mourir de rire! Hélas je me doute bien que c'est véridique! Mon père était prof et il avait la bibliothèque de sciences la plus fournie de son labo, il s'est fait piquer des tonnes d'ouvrages que parfois il retrouvait dans les étages de ses gentils collègues!
Écrit par : Flouch | 19 février 2009
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